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mercredi 23 novembre 2011

les 502 poussins

"Les poussins viennent d'arriver !" me disent les élèves de seconde PA que je croise alors qu'ils reviennent de l'exploitation, carnets de notes à la main.

Je me hâte donc de descendre vers la ferme et retrouve David, le chef de l'exploitation du lycée au bâtiment des poules.
J'ai raté la sortie des cartons mais j'assiste à une joyeuse symphonie de piaffements. À en croire le sourire qui illuminait le visage des élèves croisés plus tôt, comme à celui qui doit se dessiner sur le mien, il faut croire que ce chant est apaisant !


C'est la rentrée des classes pour les poussins de Barbezieux


mardi 22 novembre 2011

Bientôt de nouveaux arrivants au lycée Félix Gaillard...

L'exploitation du lycée se prépare à accueillir de nouveaux pensionnaires...
En effet, les poulets dont nous avions déjà parlés dans ce blog (et nous y reviendrons) avaient fini dans nos assiettes de lycéens choyés (il nous faudra aussi revenir sur l'équipe qui en cuisine s'occupe si bien de nous, et toujours avec un grand sourire qui fait tellement de bien) et après une période de quarantaine, le poulailler va reprendre vie avec l'arrivée demain de 600 poussins de la race "poule de Barbezieux"... Au souvenir de ce qu'étaient les adultes et de leurs jeux de "poule-perchée" on imagine déjà l'ambiance !

Les élèves de seconde bac pro PA (Production Animale), après avoir reçu la visite de M. Marchand, éleveur à Salles-de-Barbezieux et président de l'Association pour la Sauvegarde de la Poule de Barbezieux (ASPOULBA), toujours prêt à partager l'amour de son métier, m'ont donc emmené sur l'exploitation afin de me présenter les préparatifs pour l'accueil des poussins. La paille au sol était fraîchement étalée, le bâtiment séparé en deux afin de regrouper les poussins ensemble et les radiants allumés afin de progressivement faire monter la température jusqu'aux 30°C nécessaires (ou bien peut-être était ce 35…).

Le poulailler prêt à accueillir les nouveaux pensionnaires

le thermomètre mini-max commence à monter sous l'effet des radiants à gaz 



L'élève, c'était moi, et j'étais bien content d'apprendre des choses qui pouvaient être des évidences pour mes jeunes accompagnateurs mais qui pour moi étaient de l'ordre de la découverte.

Savez-vous par exemple à quoi servent les sacs en papier ouverts et étalés par terre ?



jeudi 6 octobre 2011

partenariat

Lorsque je parlais hier de la rentrée des classes, j'avais bien raison.
D'abord parce que je suis allé en classe, que je suis passé au Lycée puis au centre Rurart pour suivre une réunion des professeurs d'Éducation Socioculturelle de la région (voir les Protagonistes), ensuite car j'ai reçu une bonne nouvelle de la part d'une marque qui pour moi reste associée à des souvenirs de rentrée des classes.
En effet, j'avais contacté Clairefontaine, le célèbre papetier, afin de leur proposer de soutenir notre projet. Ce contact, suivi d'un fructueux échange, a abouti sur un don de papier... ce qui nous facilitera la tâche en nous évitant d'avoir à le fabriquer !

Et la magie des coïncidences nous permet de ré évoquer aujourd'hui encore Colette qui elle aussi, à propos de la rentrée des classes et de ses années d'apprentissages se souvient de «...[ses] cahiers d'école, leurs feuillets vergés, rayés de gris à barre marginale rouge, leur dos de toile noire, leur couverture à médaillon et titre orné "Le Calligraphe" »... "Le Calligraphe" marque appartenant à Clairefontaine-Rhodia... comme quoi on retombe toujours sur ses pattes !


[Yves Coqueugniot]

mardi 4 octobre 2011

Bricolage



Nous voici déjà en octobre, cela fait désormais longtemps que le chemin des classes a repris la dimension "d'habitude".
Évidemment, pour moi il n'a pas s'agit de "rentrée"  car la rythmicité de mon travail est un peu différente... Et pourtant, c'est un peu la même chose, j'ai passé mon mois de septembre derrière un écran d'ordinateur à réaliser l'archivage de photographies archéologiques. Numériser, étiqueter, nommer, pérenniser les images d'un village enfoui sous la terre depuis 13 000 ans, telle était ma rentrée, mon quotidien scolaire.
Et à ce projet - encore loin d'être fini - va bientôt s'en ajouter un nouveau, qui promet d'être tout autant passionnant mais aussi bien plus animé.
J'ai donc un peu quitté mon bureau, mes classeurs de diapositives et mes logiciels de retouche d'images pour me préparer un peu à la rencontre avec les élèves du Lycée Félix Gaillard dans à peine plus d'une semaine.

Il y a encore bien sûr beaucoup à faire - et heureusement ! - mais on peut bien dire que le projet a démarré.
D'abord avec de la menue menuiserie puisque je me suis lancé dans la fabrication de cadres pour la sérigraphie.
Il s'agit pour moi d'une approche expérimentale puisque je n'ai jamais fait ça et que j'ai profité d'un lot de chutes de bois divers qui dormait dans un coin de mon atelier (ou plutôt pour dire vrai dans un coin du garage de mes parents...).
D'ailleurs ce passage de l'ordinateur à la scie sauteuse est bien à proprement parler du bricolage, c'est-à-dire un zigzag entre les techniques et les activités.
"Bricolage" qui, comme nous l'apprend le dictionnaire, vient de l'italien "bricola" qui signifie catapulte et certainement plus anciennement du lombard "brikkil", "celui qui brise", ce que nous nous efforçons en bricolant de ne pas faire mais qui parfois nous arrive !
Et en continuant on tombe sur cette citation de la romancière Colette :
"il paraît que la bricole était une machine de guerre, avant que nous ne nommions ainsi une activité qui s'emploie à palier à l'infortune de la paix, à faire de presque rien quelque chose."
(Colette, De ma fenêtre, 19 décembre 1940)

Faire de presque rien quelque chose, c'est bien là ce que nous aimerions faire, mais quel vaste programme !
C'est d'ailleurs selon le prix Nobel de médecine François Jacob le programme même de la nature et de l'évolution des espèces qu'il décrit comme "un bricoleur qui ne sait pas encore ce qu'il va produire, mais récupère tout ce qui lui tombe sous la main, les objets les plus hétéroclites, bout de ficelle, morceaux de bois, vieux cartons pouvant éventuellement lui fournir des matériaux ; bref un bricoleur qui profite de ce qu'il trouve autour de lui pour en tirer quelque objet utilisable."
(François Jacob, Le jeux des possibles, ed. Fayard, 1981)

Nous pourrons donc très vite considérer ces objets utilisables, et peut-être même, les utiliser.

[Yves Coqueugniot]